Depuis plus de 35 ans, le Cercle celtique de Trappes Seiz Avel
perpétue les traditions de danses et de musiques bretonnes.
Résumé des épisodes précédents : 1849, le village de Trappes est desservi par le chemin de fer. Dès 1911 la gare de triage met la petite ville sur les rails. Dans les années trente, Trappes devient l'un des plus grands centres ferroviaires de France et une véritable ville cheminote. Une particularité qui lui vaudra d'être la cible des bombardements alliés de juin 1944. Pendant la reconstruction, la gare repart de plus belle, attirant une importante main d'oeuvre bretonne, qui n'a que le train à prendre pour trouver du travail. Dans les années 60, 70% de la population trappiste est d'origine bretonne. Des hommes et des femmes qui ont emporté dans leurs valises des jeux de palet, des instruments de musique et quelques légendes.
Un souffle nouveau
Deux émigrés Bretons, Gisèle Kérichard et Marcel Floch, président en 1972 à la création d'un cercle celtique, pour perpétuer la culture bretonne à travers la musique, la danse, mais aussi l'histoire et les costumes. Seiz Avel (les Sept Vents) voit le jour dans l'euphorie de la renaissance des cultures régionales. Ce nom vient d'une vieille légende bretonne " Quand les sept vents soufflent ensemble, la tempête se déchaîne ! ". Beaucoup de Bretons commencent à redécouvrir une culture qu'ils avaient perdue ou qui s'était largement diluée dans les sodas anglo-saxons. " Parmi les fondateurs du cercle, certains appartenaient au même bagad (formation musicale avec cornemuses, bombardes et percussions) qu'Alan Stivell ". Entre stages de broderie et concerts, le cercle fait venir des " référents " pour chaque danse. " La musique bretonne s'écrit très peu, poursuit-il. Il s'agit d'une tradition essentiellement orale. On entend jouer tel sonneur, on fait connaissance et puis voilà ! C'est un peu pareil pour la danse. Le référent vient du village où elle a été créée, il la pratique depuis toujours et peut l'enseigner ".
Une originalité reconnue
La consécration arrivera dès la troisième édition du festival inter-celtique de Lorient, où Seiz Avel est le premier et le seul cercle de la région parisienne à être invité. Une occasion en or d'afficher son originalité. " Le choix de notre costume peut paraître surprenant, avoue Christian Etienne. C'est celui de Plougastel Daoulas (Finistère) et il a la particularité d'être très coloré, ce qui dénote souvent parmi les autres costumes bretons . De plus, nous portons tous le même alors que traditionnellement chaque membre d'un cercle de la région parisienne portait celui de sa région d'origine. " Un costume facilement identifiable, une pratique de la danse et de la musique reconnue, " Seiz Avel " a tous les atouts pour organiser des spectacles de qualité et il ne tarde pas à se faire repérer par un impresario de Beauvais pour tourner d'avril à octobre dans la région Champagne-Ardennes. Ce qu'il fera pendant dix ans (de 1980 à 1990) en écumant les fêtes communales et les manifestations culturelles. Mais les sept vents n'avaient pas fini de souffler.
Des danseurs confirmés
" Il faut se faire à l'idée qu'aujourd'hui, les cercles réalisent un vrai travail de scène, ils ont une chorégraphie et savent faire vivre un spectacle ». D 1999 à 2001, Seiz Avel participe ainsi à une comédie musicale créée par une association de Fontenay-le-Fleury et intitulée La légende de Gwendal. Dans cette oeuvre qui mêle les musiques de grands groupes bretons et la voix de Cécilia Saurel (espoir de la chanson 1999), sur fond de théâtre et d'humour, Seiz Avel s'occupe de toute la partie dansée, l'un de ses principaux atouts. Il faut dire que, sous les conseils de ses pairs, il participe depuis 1998 aux concours de danses traditionnelles organisés par la fédération bretonne Kendalc'h. Une épreuve relevée à laquelle l'association s'inscrit et qui, à l'image des compétitions de patinage artistique, se déroule en deux étapes. Il faut d'abord effectuer des danses imposées, pendant laquelle le moindre écart de pas est sanctionné, avant de réaliser une création libre de 15 minutes. Un exercice dans lequel le cercle celtique excelle, puisqu'en deux ans il accède de la quatrième à la deuxième catégorie. Aujourd'hui, Seiz Avel est l'un des trois meilleurs groupes de la région parisienne. Une renommée qui a entraîné les membres de l'association bien loin de Trappes, en Alleùagne, en Grande Bretagne, en République Tchèque, en Italie et notamment en Chine où ils ont représenté la France pour le festival inter-culturel de Pékin en 2001.
Des danseuses et danseurs de Seiz Avel ont été sollicités pour figurer dans deux films ayant un rapport avec la Bretagne...
Le retour des Fest Noz
Enfin, Seiz Avel, fait revivre les fest-noz, de manière pérenne, dans le sud-ouest parisien en 1996 ! Ces bals bretons traditionnels étaient en effet très demandés et leur retour a rencontré un vif succès. Au programme entre autre, des sonneurs traditionnels et du Kan Ha Diskan (du chant à réponse). " C'est la fête de la culture bretonne, mais c'est surtout une fête ! Tout le monde est invité, même ceux qui ne savent pas danser car il y a beaucoup de rondes. Il suffit alors de se donner la main et de suivre le mouvement. " Une ambiance unique à ne pas rater.